Deuxième Concile de Nicée (787)

Quatrième Session :

Définition de foi :

Nous recevons la figure de la Croix précieuse et vivifiante, les reliques des saints, leurs saintes et vénérables icônes nous les recevons, saluons, embrassons selon l'ancienne tradition de la sainte Eglise catholique de Dieu, c'est-à-dire de nos Saints Pères qui les ont reçues et ont ordonné qu'elles seraient placées dans toute les églises de Dieu, et dans tous les lieux où il est servi. Nous honorons donc, saluons et vénérons avec respect ces précieuses et vénérables icônes, à savoir : celles de Jésus Christ notre grand Dieu et notre Sauveur, de la très Sainte et très pure Mère de Dieu, notre Dame dans le sein de laquelle il a voulu s'incarner, pour nous délivrer du culte impie et extravagant des idoles; des saints anges qui, bien qu'incorporels, sont apparu aux justes sous la forme humaine; des "divins" et célèbres apôtres, des prophètes, organes de la divinité; des martyrs, athlètes du Christ; parce que ces icônes nous rappellent la mémoire des originaux (prototypes), nous rapprochent d'eux et nous rendent participants, en quelque manière, de leur sainteté.


Septième Session :

Décret conciliaire sur les saintes icônes :

Nous conservons inviolablement toutes les traditions ecclésiastiques, soit scripturaires soit orales, du nombre desquelles sont les icônes peintes qui, en parfait accord avec le récit évangélique, exposent à notre foi l'incarnation réelle et non imaginaire du Verbe de Dieu et contribuent à nous en communiquer les salutaires effets, car deux témoignages qui se corroborent l'un l'autre, en ont plus de valeur. Là-dessus, marchant sur la voie royale et suivant l'enseignement de nos saints pères inspirés de Dieu, et la tradition de l'Eglise catholique, et par là même, du Saint-Esprit qui habite en elle, nous définissons avec une certitude absolue et après un mûr, examen que, de même qu'on expose la figure de la Croix précieuse et vivifiante, ainsi doit-on faire pour les vénérables et saintes icônes, soit en peinture, soit en mosaïque ou quelque autre matière convenable, qui doivent être exposées dans les églises, sur les vases et ornements sacrés, sur les murailles et sur les planches de bois, dans les maisons et les rues aussi bien l'icône de notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ, que celle de Notre Dame Immaculée, la Sainte Mère de Dieu des anges vénérables, et de tous les saints. Car dans la mesure où ils sont plus souvent représentés et contemplés en icône, ceux qui les contemplent s'élèvent vers la mémoire et l'amour de leurs prototypes (originaux).

Nous déclarons qu'on doit à ces icônes la "proskunésîs", c'est-à-dire le baiser déposé sur l'icône, qui prend le sens d'une vénération d'honneur, et non celui d'un culte de latrie qui, selon notre foi, n'appartient qu'à la divinité.
La vénération mentionnée est, semblable à celle qu'on rend à la figure de la véritable et vivifiante Croix, aux saints Evangiles.

On leur offre l'encens et les luminaires pour les honorer selon la pieuse coutume de l'antiquité, car l'honneur rendu à l'icône passe au "prototype", et celui qui vénère l'icône, vénère la personne qu'elle représente. Ainsi est confirmée la doctrine de nos Saints Pères, c'est-à-dire la tradition de la Sainte Eglise catholique qui, d'un bout du monde à l'autre, a reçu l'Evangile. Ceux donc qui rejettent quelque chose de ce qu'admet l'Eglise, soit l'Evanqile, soit la Croix, soit les icônes, soit les saintes reliques des martyrs, nous ordonnons qu'ils soient déposés, s'ils sont évêques ou clercs; séparés de la communion, s'ils sont moines ou laïques.


[ retour ]